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Libération
Critique

Le Reichstag, c'est emballant

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Le récit bien ficelé de l'empaquetage du monument berlinois.

Publié le 10/02/1996 à 1h29

A celles et à ceux qui n'ont jamais entendu parler de Christo et ignorent que le Reichstag a été pendant deux semaines recouvert de bâches scintillantes, le film de Wolfram et Jörg Daniel Hissen est indispensable. Il raconte en effet cette aventure artistique depuis ses origines (il y a vingt-quatre ans) jusqu'à son achèvement, l'an passé.

Rien de ce que tout un chacun doit savoir sur le sujet n'a été omis. Le souci de l'information va si loin qu'une séquence est consacrée à la ville natale de l'artiste (Gabrovo, en Bulgarie), dans laquelle il n'a jamais remis les pieds depuis un peu moins de quarante ans. Au-delà d'une compulsion à vouloir ne rien laisser dans l'ombre, souci qui s'appuie sur la vieille illusion selon laquelle une oeuvre d'art est à même de révéler toutes ses énigmes, les recherches des réalisateurs retracent les aléas bureaucratiques, po- litiques, idéologiques et même techniques auxquels s'est heurté Christo, flanqué de son omniprésente compagne Jeanne-Claude.

Lors de l'emballage du futur Parlement allemand, elle est apparue en pleine lu-mière comme coauteur de l'oeuvre. On ne sait si cette cosignature a valeur rétroactive, mais le film se fait fort de s'attarder (avec un chouia de complaisance?) sur son autoproclamation d'artiste à part entière. Un tantinet irritant, mais inutile de s'emballer là-dessus.

La principale vertu de ce document consiste plutôt à considérer l'oeuvre de Christo-Jeanne-Claude non comme un objet mi-sculptural mi-architectural exposé p

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