C'est la plus fameuse dent creuse de Paris. Quai Branly, entre le pont de l'Alma et la tour Eiffel, s'étend un immense terrain vague où devait être édifié le Centre de conférences internationales voulu par François Mitterrand. Bien qu'il n'ait jamais dépassé le stade de la baraque de chantier, le Centre a coûté la bagatelle de 400 millions de francs. Il n'en subsiste «que des cartons d'archives, d'imposants rouleaux de plans inutiles et quelques maquettes poussiéreuses».
Pour commencer, le projet retenu en 1990 par le chef de l'Etat ne respecte pas les règles d'urbanisme applicables au site. Il faut constituer pas moins de 11 dossiers rien que pour obtenir le permis de construire un parking souterrain dont la réalisation sera presque aussitôt abandonnée. Une «cité de chantier» est édifiée en 1991 pour la modique somme de 24 millions de francs: elle est démolie au lendemain de son inauguration en raison de l'absence de tout permis de construire. Quatre cassettes vidéo de présentation du projet sont tournées à grands frais (346 000 F): personne ne les verra puisqu'elles devaient être diffusées dans la cité de chantier. Un prospectus de présentation est imprimé à 10 000 exemplaires (coût: 1 million de francs): il est immédiatement envoyé au pilon car le projet a changé entre-temps. Un appareil photo automatique est installé au troisième étage de la tour Eiffel pour garder une trace de l'évolution du chantier: mais il prend toujours la même photo (coût: 100 F l'une), puisque le c




