L'année dernière, Beaubourg confrontait Ellsworth Kelly à Matisse en organisant une présentation comparative de leurs dessins de plantes. Il y a dix ans, toujours à Paris, le Jeu de Paume exposait les oeuvres de l'artiste américain, exé- cutées entre 1948 et 1954, lors de son séjour dans la capitale. Entretemps, pendant l'hiver 1996-1997, le Guggenheim offrait au public new-yorkais une très complète rétrospective. Il semble donc qu'un malentendu persistant ait fini par rendre l'âme. Kelly était en effet considéré aux Etats-Unis comme un peintre sous influence européenne tandis que les Français le classaient volontiers dans la lignée de l'abstraction géométrique américaine. Manière, de part et d'autre de l'Atlantique, de se renvoyer la balle de cet inclassable. Aujourd'hui, deux manifestations offrent l'avantage de déplacer la (fausse ?) question et de remettre les pendules (suisses) à l'heure.
Planches. La première se tient à Lausanne et regroupe 188 planches couvrant la période 1948-1973, soit le séjour parisien augmenté des deux périodes new-yorkaises (New York ville puis Etat). La seconde se trouve à la fondation bâloise Beyeler. Elle s'étend sur une durée de travail presque deux fois plus longue (1956-2002) et rassemble peintures et sculptures. Exclusivement américaine, elle démarre dans les années 50 avec l'installation dans l'atelier de Coenties Slip en compagnie d'Indiana, Youngermann et Delphine Seyrig, Rosenquist, Johns, Rauschenberg et s'achève ces




