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Critique

Pierre Molinier, la confusion du genre.

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Arts. A Bordeaux, ses sulfureux montages confrontés à d'autres artistes.

Publié le 14/11/2005 à 4h33

Les fils maudits sont des enfants prodigues. Vingt-neuf ans après le suicide révolvérique de Pierre Molinier (Agen 1900-Bordeaux 1976), la ville installe, en son musée, les érotiques productions de l'ancien peintre en bâtiment, qui se disait «mort à toutes les conventions et tous les conformismes». Le landerneau des exégètes bordelais s'est agité : une rétrospective prévue avorta. Aujourd'hui, Molinier est présenté, non comme «un cas, sulfureux», explique l'un des commissaires, Mike Yve, mais en groupe, entouré d'un aréopage d'artistes et enrobé d'études sur le genre, queer theory comprise. Après tout, dès 1974, le Suisse Jean-Christophe Ammann montrait Molinier dans une expo citant Lou Reed, Transformer, Bowie, The Cockettes, Luciano Castelli ou Urs Lüthi. Reste que la séduction acide et roublarde de Molinier tenait autant à ses images qu'à sa personne, comme le prouvait l'an passé le spectacle de Bruno Geslin avec Pierre Maillet (d'après les entretiens de Pierre Chaveau et Molinier), Mes jambes, si vous saviez quelle fumée...

Autoenlacements. Du Bordelais au bordel : tel est un peu le parcours que retrace l'exposition, passant vite sur les paysages et sujets locaux de Molinier, puis sur les autoenlacements tantriques de ses figures peintes, pour arriver au vif du sujet : les photomontages, qui ont fait de Molinier ce corps «fétichisé», qu'il clamait vouloir devenir en images. Epilé, lèvres de poupée, seins obus sur guêpière, jambes gainées de bas et porte-j

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