Il y a plusieurs manières de saluer la naissance d'un nouveau grand musée dans la capitale. C'est d'abord le travail d'un grand architecte, Jean Nouvel, qui a reçu la rare distinction d'avoir construit deux bâtiments sur la Seine, avec l'Institut du monde arabe. L'esthétique du musée dans la ville est aujourd'hui aussi importante que son objet, et, de ce point de vue, l'oeuvre de Nouvel est plébiscitée, échappant aux polémiques habituelles. Une autre manière de «lire» ce musée du quai Branly est, évidemment, sa paternité chiraquienne : un «projet du Président» laissé, bien qu'il s'en défende, à sa postérité mal assurée, comme l'ont fait tous les dirigeants de la Ve République. On fera crédit à Jacques Chirac d'avoir, en la matière, une authentique et ancienne passion, et un vrai désir de réhabiliter les cultures non occidentales ; une louable démarche que, trop souvent, il pousse, hélas, jusqu'à un fâcheux relativisme culturel en matière politique. Reste l'objet même du musée, qui suscite moult débats. La valse-hésitation sur le nom de l'institution en est elle-même le résumé : longtemps baptisé «musée des Arts premiers», il sera surtout connu comme le «Quai-Branly», une neutralité qui évite de trancher. La mise en scène artistique des objets de la vie et des rituels des peuples dits primitifs n'est pas appréciée par tous, ethnologues en tête, qui ont vu la dimension scientifique réduite en peau de chagrin. Reste que le «Quai-Branly» donnera au public l'occasion de découvrir
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ParPierre Haski
Publié le 20/06/2006 à 21h30
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