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Critique

Très chair Lucian Freud

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Arts. Le peintre à la cote vertigineuse fait l’objet d’une rétrospective qui privilégie nus et portraits à Beaubourg.

Le Centre Pompidou présente une cinquantaine de ses toiles, principalement des nus et des autoportraits. (AFP Jacques Demarthon)
Publié le 18/03/2010 à 0h00

Lucian Freud et l'atelier, ce n'est pas une thématique, tant son monde semble se ramener tout entier à son antre. Freud est dans l'autobiographie, qu'évoque sa fille (lire ci-dessous). Il attaque, dit-il, son sujet pour lui faire «révéler le tout» (1). Pas par surprise, comme agirait le poète. Il prend son temps, beaucoup de temps. Cherche à transcrire la chair, les sentiments et l'aura, l'atmosphère et la pesée, alternant, comme dans ce portrait d'Ib et son mari, bandes grumeleuses et parties finement soignées. Et, parfois, il parvient à déposer cette épaisseur, sur le dos d'un Leigh Bowery. Evidemment, le tout, il le rate. Donc, il recommence.

L’exposition présentée à Beaubourg jusqu’à cet été a le mérite de faire voir quelques beaux tableaux récents, souvent dispersés dans les collections particulières. Passant par-dessus les quarante premières années de l’œuvre, elle pâtit d’un découpage peu intelligible, et d’une lumière artificielle qui ne pardonne rien à ces gris et ocres. Avec des vitres - et des reflets - qui accentuent la frustration de la matière. A croire que le centre Pompidou nourrit un refus de la lumière naturelle, qui avait déjà bien plombé l’accrochage Soulages.

Pochade surréaliste. Pour un spectateur un peu dérouté, le risque est d'appesantir le caractère obsessionnel de l'œuvre, en lui donnant le sentiment d'une répétition du même. Elle s'ouvre sur une incongruité, une tête de zèbre qui passe par une fenêtre, au-dessus d'un divan.

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