Variations décline en une centaine de tirages l'œuvre très originale de Harry Callahan, né en 1912 à Detroit, Michigan, et mort en 1999 à Atlanta, Georgie. Le titre de l'exposition, malgré sa banalité, peut donner la mesure d'un autodidacte en quête de son propre langage, toujours curieux et insatiable, comme il l'écrira en 1964, alors qu'il vient d'être nommé professeur à la Rhode Island School of Design de Providence : «Je photographie de manière continue, souvent sans avoir une bonne idée ou une émotion forte. Durant tout ce temps, les photos sont presque toutes mauvaises, mais je crois qu'elles développent ma vision et m'aident ensuite pour d'autres photos. Je crois très profondément à la photographie et, en la pratiquant de manière intuitive, j'espère qu'elle touchera le cœur des gens qui la regardent.»
Anonymes. Dès ses débuts, alors qu'il n'est qu'un amateur de photo-club, Callahan joue la rigueur et la répétition, se focalisant sur quelques thèmes : la nature, la ville, sa femme Eleanor, parfois avec leur fille, Barbara. C'est un minimaliste épris de perfection, qu'il isole des fils de téléphone, des façades de buildings ou les jambes nues d'Eleanor pudiquement repliées sur un lit. Tantôt, il paraît vouloir remplir le cadre jusqu'à l'étouffement, comme lorsqu'il shoote à Chicago des passants à la volée, imprimant leurs visages anonymes en gros plan serré ; tantôt, il n'y a presque plus rien sur l'épreuve, comme s'il avait extrait tou




