Marathon frénétique des années paires, le Mois de la photo fête ses 30 ans avec 58 expositions et une série d’animations et de rencontres. Thème de cette édition, «Paris collectionne» flotte telle une ombre portée sur la Ville lumière, ses institutions, ses galeries, ses instituts culturels et autres espaces plus ou moins historiques. L’affiche, où s’aimantent les pièces farfelues d’un appareil photo XXL, est signée Vik Muniz, un artiste brésilien jamais à court de fantaisie. Chargé de l’édition 2010, Jean-Luc Monterosso, le directeur de la Maison européenne de la photographie (MEP), fait le point sur ce festival de l’image qui avait accueilli, en 2008, plus de 100 000 visiteurs, sans compter ceux des galeries.
Un mauvais souvenir du Mois de la photo ?
Lors du premier Mois, en 1980, Henri Cartier-Bresson avait accepté de faire une grande exposition au musée d’Art moderne de la Ville de Paris. Les 300 tirages sont donc partis chez l’encadreur, et, à leur retour, stupeur générale, l’encadreur avait omis de laisser le cadre noir autour des photographies, cette fameuse signature comme une preuve de non-recadrage. Il a fallu refaire les maries-louises en quatrième vitesse.
Le meilleur ?
Helmut Newton observant la foule à sa rétrospective, il frétillait de bonheur.
Selon vous, qu’est-ce qui a le plus changé en trente ans ?
Les photographies sont désormais exposées de manière muséale, lumières contrôlées, maries-louises en papier neutre, légendes plus précises. Le public est devenu plus connaisseur et exigeant grâce à l’édition, ainsi Photo Poche, un outil de connaissance irremplaçable. L’irruptio




