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Critique

Les filons d’Orozco

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Expo . Beaubourg présente l’œuvre à la richesse discrète du plasticien mexicain.

La DS (1993). Gabriel Orozco (Centre national des arts plastiques-ministère de la Culture et de la communication, Paris Courtesy g)
Publié le 26/11/2010 à 0h00

Des dessins et photos accrochés aux murs, de grandes tables sur lesquelles sont disposés différents objets et petites œuvres, quelques sculptures ici ou là : la première impression donnée par l’exposition de Gabriel Orozco est décevante. L’ensemble laisse à penser que l’artiste (né en 1962 au Mexique et résidant entre New York, Mexico et Paris) s’est noyé dans l’espace difficile à appréhender de la galerie sud du Centre Pompidou. Or, comme a priori il n’y a pas grand-chose à voir, on se met à vraiment regarder ce qui est montré. Et là, petit à petit, le sentiment initial s’inverse pour révéler une exposition riche, intelligente et construite.

Ponts. On découvre ainsi que les grandes tables de marché sont placées dans l'alignement des tables en terrasse du restaurant, à l'extérieur, de l'autre côté de la baie vitrée. De même, l'allée large et vide au centre de l'espace est-elle pensée en perspective de la rue qui la prolonge dehors. Il est clair qu'Orozco élargit l'espace d'exposition en emmenant le regard du spectateur hors du musée et affiche ici ce qui constitue l'un des axes de son travail : entremêler espaces privé et public, créer des ponts entre l'œuvre et l'objet quotidien pour ouvrir la frontière entre l'objet d'art et l'environnement urbain.

Ascenseur. C'est dans ce même registre que s'inscrit la présentation de sa fameuse Citroën DS (de 1993), qui l'a fait connaître, au point de devenir son image de marque. Orozco a fait découper la

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