Robert van der Hilst est un homme du monde. Depuis qu'il a quitté sa Hollande natale, à 19 ans, il a franchi les frontières les plus souveraines, s'installant un temps à Toronto, puis à La Havane, et devenant un vrai Parisien, le 28 janvier 1979. «J'ai toujours été attiré par la France, c'est inexplicable, dit-il avec une pointe d'accent exotique. Mais vous, les Français, vous avez inventé la photographie, non ?» Bienveillant envers sa terre d'accueil, il l'est aussi avec l'Empire du milieu, à laquelle il consacre aujourd'hui un livre, Intérieurs chinois, dont la beauté authentique frappe au cœur comme un cadeau inattendu. L'impression remarquable a été réalisée à Shanghai par l'éditeur Chen Haiwen.
Directives. De 2006 à 2009, ce grand reporter a arpenté les provinces chinoises, y compris les plus lointaines. En sa compagnie, car il ne parle pas mandarin, des photographes se sont succédé, ne s'étonnant guère que les portes s'ouvrent pour «lao wai/l'étranger» quand elles se fermeraient probablement pour eux.
Rituel invariable, le seuil franchi, «on s'assied, on boit le thé, on fume». Parfois, il sort de son portefeuille les photos de ses enfants et de sa femme. Aucun argent n'est échangé, jamais. Ne pas imaginer que le photographe se relaxe, avec ses yeux bleu revolver, il enregistre tout en quelques minutes. Les visages de ses hôtes, les murs, leurs couleurs, les objets et la lumière, son péché mignon, qu'il pourrai




