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Critique

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Un voyage au plus près de la terre dans le Piémont, une virée au plus près des gens, au Mexique. Et d'autres beaux ouvrages.

Publié le 16/12/2010 à 0h00, mis à jour le 22/12/2010 à 19h15

Jean Gaumy

«D’après nature»

Même en pleine mer, Jean Gaumy ne se laisse jamais déborder par son sujet. Son exigence fait loi. Ainsi, son dernier ouvrage,

D’après nature

, a-t-il reçu le prestigieux Prix Nadar 2010, car s’y noue en 42 photographies le scénario d’une vision juste et maîtrisée. Souvent, le grand format prête à sourire, mais là, il convient à son propos, ainsi résumé :

«Ne photographier que lorsque cela brûle. Ne pas bouger, se refuser tant qu’il n’y a aucune évidence, aucune nécessité.»

Il voyage dans le Piémont occitan, autour de lui, pierres, arbres, rochers, neige, à l’infini. Vertiges. Le voici à la fois près de la terre, comme s’il allait être englouti dans les failles ; et au plus haut du ciel, comme un oiseau migrateur distrait, inapte à retrouver son nid. Aucun défi, ni l’idée de s’approprier le paysage, plutôt le désir de renaître dans la nature et d’en partager une certaine volupté. Il y a toujours de la noblesse chez Jean Gaumy, qui enveloppe et protège du froid ses images au noir & blanc prodigieux.

D’après nature

dévoile aussi, par sa finition parfaite, la curiosité d’un éditeur qui n’hésite pas à gravir les monuments photographiques. Paru cet automne, le

«Photo Poche»

n°128 (Actes Sud) est consacré à Jean Gaumy, de ses débuts à Fécamp à la dune du Pyla avec le caniche décoiffé, prélude au lapin new-yorkais, chef-d’œuvre pour gourmets.

B.O.

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