«Frosty le Charbon est un joyeux luron, l'Amérique en est remplie, il fait tourner l'économie. Frosty le Charbon, tous les jours plus propre, ne coûte pas cher, ne cherche qu'à plaire…» En postface à son livre American Power,Mitch Epstein raconte comment, poursuivant son travail de longue haleine sur les sources d'énergie aux Etats-Unis, il vit un jour une pub de Noël dans laquelle des morceaux de charbon aux longs cils dansaient et chantaient.
Doit-on croire l'industrie houillère, songe le photographe américain, ou écouter Al Gore, pour qui «le charbon propre n'existe que dans l'imagination» ? Epstein ne répond pas formellement, mais ses images de sites de production de houille, de pétrole ou de gaz, d'énergie nucléaire, hydroélectrique, éolienne ou solaire, sondent les répercussions sur le paysage, les «blessures» engendrées par cette fuite en avant.
Revolver. De 2003 à 2008, Epstein a sillonné le pays en «touriste écologique», jusqu'en Alaska. Interrogé plusieurs fois par la police, il a compris à quel point l'énergie était une question sous haute surveillance étatique.
A Shippingport, Pennsylvanie, il est expulsé de la ville sous escorte après un appel téléphonique l’accusant d’installer en pleine rue un lance-missiles. Il s’agissait de son trépied.
Mais les habitants ne sont pas tous hostiles. Ainsi Beulah Hern, dite «Boots», à Cheshire (Ohio). Cette vieille dame photogénique l’accueille et lui explique,




