Menu
Libération

Lucian Freud, chairs et âme

Réservé aux abonnés

Disparition. Petit-fils du psychanalyste, le peintre reclus de l’Ecole de Londres est mort mercredi à 88 ans.

Admiratrice nue, 2004-2005 (photographie) (David Dawson, courtesy of Hazlitt Holland-Hibbert, Londres)
Publié le 23/07/2011 à 0h00

Il était un grand peintre, qui a livré une œuvre dérangeante et singulière, exposant la chair comme jamais. A 88 ans, Lucian Freud s'est éteint dans la nuit de mercredi à jeudi à son domicile de Londres, de brève maladie. Annonçant la nouvelle, son marchand, William Acquavella, a voulu souligner combien l'artiste entendait rester «à l'écart du bruit et de la fureur du monde de l'art».

Lucian Freud vivait seul dans une maison XVIIIe de Notting Hill, passant son temps à peindre dans son atelier au second étage, affichant une indifférence absolue aux mondanités, et aux cotes stratosphériques atteintes par ses toiles aux enchères. Il était le petit-fils de Sigmund Freud, parenté à laquelle il n'accordait pas beaucoup d'intérêt. Et qui ne se retrouve certainement pas dans une œuvre, qu'il a toujours voulue réaliste jusqu'au moindre détail.

Né le 8 décembre 1922, fils de l’architecte Ernst Freud et d’une fille de bonne famille née Lucie Brasch, Lucian Freud a vécu son enfance dans le quartier huppé de Zoologischer Garten, à Berlin. En 1933, fuyant le nazisme, sa famille s’est installée à Londres. Lucian s’est baladé d’école en école, se faisant virer pour avoir montré ses fesses dans la rue, jeu quasi obligé des adolescents britanniques. Il fut même accusé, à tort semble-t-il, d’avoir mis le feu à l’un de ses premiers établissements d’art, avec un mégot mal éteint.

En 1941, rêvant de gagner New York, il s’engage dans la marine, est démobilisé un an plus tard pour

Pour aller plus loin :

Dans la même rubrique