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Critique

Une montagne de CD décédés renaît au CentQuatre

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Dans l’immense site des anciennes pompes funèbres de Paris, un duo de plasticiennes présente l’installation «Waste Landscape».

"Waste Landscape", par Elise Morin et Clémence Eliard. Un effet "pop up" est créé grâce à des systèmes de gonflage. (Photo Laurent Troude)
Publié le 02/08/2011 à 0h00

Service municipal des pompes funèbres pendant plus d'un siècle, aujourd'hui reconverti en établissement artistique, le CentQuatre perpétue sa vocation en accompagnant cette fois la fin d'une courte vie, celle du CD. Avec l'installation Waste Landscape, Elise Morin et Clémence Eliard sont à l'initiative des obsèques. La première est directrice artistique, l'autre architecte. En duo, déjà à l'occasion de la Nuit blanche 2009, elles sublimaient des rouleaux de Scotch en un Nuage cinétique aux allures délicates. Cette fois-ci, les deux jeunes femmes s'attaquent au CD. «Avec trois bouts de ficelle, révéler le potentiel précieux d'un objet ordinaire» est leur devise. L'air de rien, le CD est bourré de qualités. Souplesse, brillance, répétition de motif. Mais il est également support de mémoire et symbole d'une génération, celle des deux artistes, tout juste trentenaires.

Pink Floyd. «Le CD se dématérialise à vitesse grand V. Nos parents ne l'ont pas connu et nos enfants ne le connaitront pas», souligne Elise Morin. Obsolescence programmée ? La question titille les plasticiennes : le temps d'exposition au CentQuatre ne représente alors plus que la partie émergée de l'œuvre.

A l'échelle de Waste Landscape, gigantesque «paysage de détritus», un projet monumental se met en place. Pour la collecte, les proches refusent de se séparer de leur dernier album de Pink Floyd. Les artistes foncent alors chez Universal Music e

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