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Critique

Cyprien Gaillard, du neuf avec des ruines

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Au centre Pompidou, le lauréat 2010 du prix Marcel-Duchamp expose une série de Polaroids de lieux abandonnés qu’il a photographiés au gré de ses voyages.

Cyprien Gaillard, Polaroid issu de la série Geographical Analogies, 2006 - 2011. (Cyprien Gaillard Courtesy Galerie Bugada & Cargnel, Paris / Sprüth Magers, Berlin London / Laura Bar)
Publié le 15/10/2011 à 0h00, mis à jour le 18/10/2011 à 12h10

Allure de hérisson gracieux, voici Cyprien Gaillard, 31 ans, lauréat 2010 du prix Marcel-Duchamp. A la clé : un chèque de 35 000 euros (moue d'enfant gâté), et une exposition au centre Pompidou (air ravi). Son titre : «UR». Double entrée : «UR» vaut pour le nom de la ville de naissance d'Abraham, et aussi pour Underground Resistance, initiales d'un label de techno de Detroit, «une cité dévastée». Lui vit à Berlin, «une sorte d'eldorado d'artistes, avec 500 galeries et 500 critiques d'art - non, j'exagère - où la notion de temps est suspendue, tout paraît au ralenti». Il s'y plaît parce qu'il voyage 200 jours par an. Grosso modo, «UR» lui ressemble : une certaine décontraction - facilité, disent ses détracteurs - et quelques idées fixes, au fond assez normales pour un quasi-autodidacte. Son visage est connu grâce à Terry Richardson qui le fit poser, à l'automne 2010, pour Supreme, marque urbaine. Il n'y est pas à son avantage, mine de lapin fatigué aux yeux rouges.

Marotte. Plus que les autres pièces présentées, Geographical Analogies (2006-2011) résume sa démarche. Des Polaroids sous vitrines, 846 précisément, assemblés par 9. Qu'y voit-on ? Des palmiers. Des vitraux. Des pierres. Des échafaudages. Des façades. Des tombes. Des paysages infinis… Rien d'exceptionnel, mais des grains de mystère glissés entre des mondes superposés. On peut se reconnaître dans ce dédale : là, l'architecture d'Angkor, au Cambodge, ici, l'île de Pâques en

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