Comment Monet se serait-il débrouillé avec un iPad ? David Hockney a arpenté la campagne anglaise avec cette question en tête, depuis sept ans qu’il a quitté Los Angeles, où il avait connu la gloire comme compagnon du pop art. Pour la seconde fois seulement de son histoire - après Anish Kapoor il y a deux ans -, la Royal Academy ouvre ce samedi, pour deux mois et demi, toutes ses salles à l’artiste britannique.
Tout à l'opposé de l'hyperbole phallique du sculpteur originaire de Bombay, il y a ici de la peinture, de la figuration, une musique en sourdine. Réfutant l'hommage que lui propose cette institution nationale, à l'âge avancé de 74 ans, l'artiste présente ses derniers travaux expérimentaux dans le Yorkshire. Il a voulu afficher des compositions monumentales, retrouvant, dit-il, une énergie insoupçonnée dans le vaste atelier qu'il occupe à Bridlington. Il avait déjà occupé, il y a quatre ans, un mur entier de l'Academy, pour une œuvre intitulée Bigger Trees Near Warter, qu'il a donnée à la Tate. Il veut tout «énorme». «J'ai le sentiment que, pour faire passer l'importance du message, il faut de grandes œuvres», a-t-il confié au critique d'art Martin Gayford (1).
Ainsi rajeuni, il entend bien se détacher d’une image d’illustrateur et de décorateur un peu facile, s’affichant en artiste savant, assumant pleinement sa confrontation




