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Sergio Larraín dans un long silence

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Le photographe chilien, entré à l’agence Magnum en 1961, est mort mardi à 81 ans.

Valparaiso. 1957 (Photo Sergio Larrain. Magnum)
Publié le 09/02/2012 à 0h00

Sergio Larraín, le Robert Frank latino, est mort mardi chez lui, à Ovalle, au nord de Santiago du Chili. Il avait 81 ans. Retiré de la civilisation des illusions depuis les années 80, Larraín se consacrait à la méditation et à l'étude des philosophies orientales. «Il réfléchissait sur le vrai sens de la vie, loin des bruits idiots de la gloire, en osmose avec la nature. C'était un sage», confie Bernard Plossu qui a reçu par la poste, il y a quelque temps, des poèmes et des photos de cailloux sur une plage.

Circulaient mille anecdotes sur ce Chilien énigmatique, célèbre auteur de Petites Filles descendant l'escalier(photo ci-contre), l'une de ses premières photographies ravies à Valparaíso, dans un élan d'une totale étrangeté où s'entrelacent, dans le même cadre, apparition et disparition. En 1965, ce Valparaíso fabuleux sera publié dans la revue suisse DU, accompagnée d'un texte de son ami Pablo Neruda, ondulant dans le port, «navire échoué mais vivant».

Fragilité. Né en 1931 à Santiago, ce fils de bonne famille, d'abord tenté par la sylviculture puis la musique, trouve sa voie avec la photographie. Achat d'un Leica, en 1949, qui lui ouvre les portes d'une réalité inconnue et pourtant très proche. Valparaíso, donc, parcourue nuit et jour, en quête de cet «état de grâce» susceptible de faire naître «une bonne image». Et Santiago, dont il extrait les enfants des rues, ceux qui se réfugient sous les p

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