Peut-on entendre la Terre ? Quel son produirait-elle si on faisait circuler une tête de lecture sur sa surface ? Le collectif français Art of Failure a aplati la planète sur un disque, gravant dans ses sillons les relevés topographiques terrestres, transposant les reliefs en ondes sonores. L’aiguille arpente les continents par monts et par vaux à la vitesse de 40 000 kilomètres (le tour de la Terre) toutes les 1,8 secondes (la durée de rotation d’un 33 tours), alternant craquements analogiques des cimes et silence des océans.
Earth to Disk est un objet inouï à défaut d'être musical, un vinyle fantasmatique (édité par le label Artkillart d'ici à la fin de l'année) dont la surface miroitante et tournoyante fait apparaître une légère image de la Terre. L'œuvre synthétise les représentations du globe : celle, ultraprécise, des cartes numériques obtenues par les radars de la Nasa, et celle, plus propice à la rêverie, des anciens, qui supposaient la Terre plate, de la forme d'un disque ceinturé par un fleuve.
Sensible. Présentée au centre d'arts numériques Seconde Nature à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), dans le cadre de l'exposition «Topolog1es», elle s'inscrit dans les tentatives du collectif de représenter de manière sensible ce monde de données dans lequel nous évoluons. Un monde où technologies de communication et moyens de transport tendent à annihiler le temps et l'espace par la vitesse de transmission, difficilement représentable par la géograph




