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Critique

Le fond de l’hier est frais

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La science-fiction conjuguée au passé, mariant artistes anciens et actuels.

«La Sortie de l'opéra en l'an 2000» (vers 1882), d'Albert Robida (© Library of Congress)
Publié le 10/05/2012 à 20h36, mis à jour le 14/05/2012 à 17h37

«Les joyeux aéronefs ne sillonnaient plus l'espace avec leur vivacité habituelle. Les aéroplanes, les aviateurs, les poissons aériens, les oiseaux mécaniques, les hélicoptères électriques, les machines volantes, tout s'était ralenti, presque arrêté.» On est au XXVe siècle et on attend la Fin du monde (pulvérisé par une comète), telle que décrite dans le roman éponyme du célèbre astronome (et spirite) Camille Flammarion en 1895. L'extrait résume la tonalité de «Futur antérieur» à la Galerie du jour Agnès b., empreinte de nostalgie pour un futur suranné, jamais advenu. Celui décrit dans l'anticipation ancienne qui nous apparaît plus inventive, poétique et moins déshumanisée que ce début de XXIe siècle. Des rêveries lunaires de Méliès aux visions audacieuses de l'illustrateur Robida dans la Vie électrique en passant par les magnifiques dessins cosmiques du premier peintre spatial Lucien Rudaux (1874-1947).

Aujourd'hui, ces représentations de l'homme en l'an 2000, voire 3000, séduisent par leur fantaisie, leur enthousiasme naïf, leur foi dans le progrès technique, à une époque (fin XIXe - début XXe) où tout semblait possible. Même si déjà se profilent les mégalopoles totalitaires et asphyxiantes, les catastrophes naturelles (Paris sous les glaces), les invasions de Martiens et que ni le Nautilus de Jules Verne ni son obus lunaire n'arriveront à destination.

Collages. Icône ultime de ce

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