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Libération
Critique

L’Angleterre en crise de Chris Killip

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Rétrospective inédite au Bal, à Paris.

Torso, Pelaw, Gateshead, Tyneside, 1978. (Photo Chris Killip/Courtesy of the Artist)
Publié le 29/06/2012 à 21h17, mis à jour le 30/06/2012 à 9h38

Ironie de l’histoire, la première rétrospective Chris Killip, à l’initiative du Museum Folkwang d’Essen, en Allemagne, ne sera pas montrée en Angleterre. Aucune institution n’a souhaité exposer un des meilleurs photographes britanniques, témoin emblématique des années 70-90, celles de la désindustrialisation massive et des réformes radicales menées par Thatcher. Une vingtaine d’années ont passé et l’indifférence manifeste pour son travail en dit assez long sur le rapport que la Grande-Bretagne entretient encore avec cette page de son histoire.

Ses reportages au long cours sont réunis dans l'exposition que propose le Bal, à Paris. Pour sa toute première série réalisée sur l'île de Man, où il est né en 1946, Killip photographie les habitants et leur mode de vie, alors en passe de disparaître pour laisser place à un paradis fiscal. Viennent ensuite ces clichés pris dans les communautés ouvrières du nord-est de l'Angleterre. Même ceux à qui le nom de Chris Killip ne dirait rien auront une impression de déjà-vu devant les traits crispés de ce jeune garçon prostré contre un mur, la tête enfouie entre ses mains. Youth on Wall est devenu pour une génération entière le symbole de cette période de crise.

On retrouve aussi la série sur les chantiers navals de Wallsend, où les hommes ont l'air insignifiants, cernés par tous ces paquebots-mastodontes. Et Seacoal, sur les familles qui vivaient de la collecte du charbon le long des plages de Lynemouth. Il faut entendre Kill

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