Pieter Hugo incarne la toute-puissance de la photographie sud-africaine et son rayonnement. Cet Afrikaner n'a peur de rien, même pas de l'ombre du passé qu'il affronte ouvertement, sans complexes. «Un lieu fracturé, schizophrénique, blessé et problématique», dit-il de l'Afrique du Sud qui l'a vu naître en 1976, à Johannesburg.
Lui, il est l'«Afropolitan», citoyen multiculturel d'une société post-apartheid conflictuelle, arpentant avec flamme son territoire natal comme d'autres pays du continent africain, du Botswana au Nigeria. Déjà multiprimé, il avance plus vite qu'une voiture de course. Pieter Hugo a ainsi reçu le prix Seydou-Keïta aux dernières Rencontres de Bamako, en 2011. Il est aussi l'auteur d'un livre clé, This Must Be The Place (1) , doublé d'une rétrospective organisée par le musée de la Photographie de La Haye (Pays-Bas) et présentée au musée de l'Elysée, à Lausanne (Suisse).
Phrases chocs
Pieter Hugo n'a pourtant rien d'un visionnaire. Depuis ses débuts à l'aube de ce siècle, son travail flirte avec le réel. Il a même balancé une ou deux phrases chocs, comme «le portrait est mort», susceptibles d'agacer ses pairs ou les professionnels du médium. Alors, qu'est-ce qu'il a fait de si exceptionnel, Pieter Hugo ? Il a littéralement désenchanté l'Afrique de ses clichés béats grâce à une assurance non feinte et une liberté d'autodidacte.
L’Afropolitan poursuit la démarche du précurseur David Goldblatt - l’une de ses références - qui ne recule jamais




