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Critique

Philadelphie à l’aise d’éden

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Baignade . Le Museum of Art réunit un ensemble exceptionnel de grands formats de maîtres, dont Gauguin, Cézanne et Matisse, illustrant l’Arcadie, ce paradis primitif.

D’où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? de Gauguin (Museum of Fine Arts, Boston)
ParVincent Noce
Envoyé spécial à Philadelphie
Publié le 22/08/2012 à 19h07, mis à jour le 23/08/2012 à 15h55

Le paradis perdu de ceux qui ont donné naissance à l’art moderne : Joseph Rishel a monté, au musée de Philadelphie, une exposition spectaculaire, historique même, si l’on tient compte des prêts exceptionnels qu’il a réussi à obtenir et ne se reproduiront pas de sitôt.

D'où venons-nous ? Que sommes-nous ? Où allons-nous ? l'œuvre maîtresse de Gauguin, près de 4 mètres de long, en provenance de Boston, alternant divinité asiatique et vahinés emportées par leurs rêves. C'est son testament, entrecoupé d'une tentative d'empoisonnement à l'arsenic dans la montagne tahitienne. Chef-d'œuvre du symbolisme qui fut en vain proposé aux musées français… Les Baigneuses au bord d'une rivière, encore plus monumental, sur lequel Matisse est régulièrement revenu dans les années 1910, prêté par Chicago. Le Silène de Corot, de Minneapolis. Et naturellement les Grandes Baigneuses de Cézanne, détenu par le musée. Pour ne citer que certains des fleurons des collections américaines ici réunies.

Opium. Joseph Rishel montre ainsi ce moment singulier de l'histoire durant lequel les grands artistes ont rivalisé pour annoncer les lendemains qui chantent. Là, tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté, Charles Baudelaire avait déjà dit ce grand pèlerinage de l'âme. A l'Orient, qui s'imposait aux romantiques, succédait un univers entier, rendu accessible par l'industrie naissante du voyage. Certains avaient la foi ; certains préféraient l'opium

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