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Dragan Živadinov, «anarcho-cosmique»

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L’irrévérencieux metteur en scène slovène, devenu candidat cosmonaute, s’emploie à «libérer l’art de la gravité». Rencontre.

ParMarie Lechner
(à Vitanje)
Publié le 19/09/2012 à 20h56

«Quelle est la différence entre un astronaute et un cosmonaute ? Arrivés au bout de leur conquête de l'Ouest, les astronautes sont montés à bord d'engins métalliques pour planter leur drapeau sur les étoiles ; les cosmonautes, eux, vont dans l'espace voir si Dieu existe», plaisante Dragan Živadinov, chaleureux personnage dont l'extravagante silhouette au crâne chauve est ce jour-là sur tous les fronts. Chargé d'orchestrer la cérémonie d'ouverture du Ksevt, il n'hésite pas dès qu'il a cinq minutes à aborder des questions métaphysiques… avant de vous planter, médusé. «Le capitalisme, c'est l'abstraction en action !» Ou : «Les Pokémon familiarisent nos enfants avec des systèmes d'une incroyable complexité, ils les préparent au "big dataïsm" à venir.»

Sur un registre plus grave, cela donne : «L'espace n'est pas mon échappatoire. En général, les stupides artistes d'avant-garde se suicident. Mais mon projet théâtral est au contraire un chemin euphorique vers la mort.» Ou : «Les Pussy Riot sont à des années lumière de mon art, mais je les respecte profondément parce qu'elles font de l'art anarchique : elles inaugurent une nouvelle ère», dit celui qui se définit comme «anarcho-cosmique».

Nombril. Artiste hors catégorie, Živadinov est une figure respectée, voire adulée, du théâtre slovène contemporain. «On rêve tous de travailler avec lui», confirme une jeune comédienne. Cofondateur du NSK (Neue Slowenische

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