Un truc d'aveugle, tourné au dedans. «Invisible», dit Béatrice Josse, directrice du Frac Lorraine, à Metz, ou encore : «A perte de vue.» La nuit ou le blanc total. Josse propose ces deux expériences inverses entre les locaux du fonds régional d'art contemporain et le centre Pompidou-Metz, qui, chose inhabituelle pour un musée national, invite une institution dont la mission est de nomadiser sa collection et d'inventer des formes non muséales de sensibilisation à la création. L'huile et l'eau, en quelque sorte.
Au 49 Nord 6 Est, rue des Trinitaires, le Frac accueille Doug Wheeler, artiste américain du mouvement Light and Space, né en 1939. Au mammouth blanc Pompidou, c’est une exposition de photos, intitulée «Frac Forever», où s’accrochent Bernard Faucon, Hamish Fulton, Eric Poitevin, Roman Signer, Sandy Skoglund et Joel-Peter Witkin entre autres. Plongé dans un noir immense, le visiteur, muni d’une lampe de poche, perçoit les cadres comme au fond d’une grotte. La frustration n’est pas loin, et donc aussi l’imaginaire.
Mais une partie essentielle de «Frac Forever» se tient en dehors du musée, chaque dimanche à 10 heures et 17 heures chez des «complices»… Béatrice Josse explique le pourquoi du comment de cette non-exposition de la collection photo du Frac Lorraine.
Comment avez-vous répondu à l’invitation que le centre Pompidou-Metz vous a faite ?
La proposition se veut immersive et perceptuelle. Plus de 200 photographies d’artistes majeurs de ces quarante dernières années sont plongées dans l’obscurité. C’est comme une chambre noire dont le vi




