Retards, architectes mécontents, acquisitions discutées et, pour comble, commanditaires frustrés. Pour Jean-Luc Martinez, le nouveau président du Louvre qui s’installe ce lundi dans le fauteuil d’Henri Loyrette, démêler l’écheveau Abou Dhabi s’impose comme une priorité brûlante. L’enjeu approche le milliard d’euros, sans compter le prestige de la France, engagé chez un allié dans une région stratégique.
Six ans après la signature de ce contrat historique destiné à ouvrir un «musée universel» dans une île touristique du Golfe, le gros œuvre commence à peine. Prévue en 2012, l'ouverture a dû être repoussée à 2016. Il y a un an, dressant un premier bilan dans un courrier au président du Louvre, dont Libération a obtenu copie, le cheikh Sultan, équivalent du ministre du Tourisme et de la Culture, s'alarmait d'une «dérive significative». Loyrette l'avait rencontré pour relancer une machine grippée, en l'assurant d'un engagement total de son équipe. Mais tout est loin d'être réglé, en témoigne le lancement en cours d'un audit sur les acquisitions.
En 2007, Loyrette était en fait défavorable à ce projet porté par Jacques Chirac, qu'il s'était gardé de défendre publiquement. Le Louvre a cependant réussi à retourner la situation. Formée par l'administrateur Didier Selles et le conservateur en chef Vincent Pomarède, une équipe de choc a verrouillé des conditions royales. Contre Bercy, le Louvre a obtenu que la manne émirienne alimente un fond de dotation propre, au lie




