Ecorchés vifs, poignardés, égorgés, lapidés ou décapités, voici le sort des hommes, femmes et enfants promis au sacrifice dans les sociétés andines. Ces rituels conservent leur part d’énigme, mais ils bénéficient d’un nouvel éclairage, grâce à toutes les fouilles menées sur la côte nord du Pérou, où les Moches ont régné durant les sept premiers siècles de notre ère.
Ces prédécesseurs des Incas ont développé une telle maîtrise de la technique et des arts qu’on a pu les appeler «les Grecs des Amériques». Leur société est notamment mieux comprise depuis la découverte, par Walter Alva en 1987, de la sépulture du «seigneur de Sipán», l’équivalent de celle du tombeau de Toutankhamon en Egypte. La fouille de cet archéologue péruvien est la plus riche menée sur le continent américain. Pendant un an, prenant de vitesse les pillards, Alva a ainsi exhumé plus de 600 objets, dont de magnifiques parures et instruments cérémoniels en or, avant de fonder sur place, dans la ville de Lambayeque, le Musée des tombes royales de Sipán.
Contrebandiers. Walter Alva, âgé de 61 ans, était présent au musée des Beaux-Arts de Montréal pour le vernissage de l'exposition «Pérou, royaumes du Soleil et de la Lune», qui rend hommage à son travail et à celui de ses pairs. Le conservateur Victor Pimentel a pu emprunter 370 objets, la plupart qui n'étaient jamais sortis des frontières péruviennes. C'est la première fois dans le monde qu'une exposition survole trois millénai




