Trop ou trop peu : le Louvre ne se relève pas de s'être aventuré au-delà de la période historique qui lui est dévolue. Censée célébrer l'amitié franco-allemande, l'exposition aboutit à son effet contraire. La décision d'Henri Loyrette, du conservateur Sébastien Allard et de l'universitaire Danièle Cohn d'étirer leur sujet jusqu'en 1939 a suscité de vives réactions outre-Rhin. «Si nous l'avions refermé plus tôt, cela nous aurait été reproché», plaide Danièle Cohn. Pour elle, il fallait aller jusqu'à «la douleur» des artistes condamnés par le nazisme, pour «accéder à un degré d'universalité jamais atteinte par la peinture allemande auparavant».
Lourdeur. Le feu a été ouvert par le Zeit. Titrant sur un «scandale politico-culturel», le journal estime que cette fin problématique «ne doit rien au hasard» : le Louvre aurait voulu montrer un «art allemand programmé pour la guerre», «l'horreur» dérivant en droite ligne de Goethe.
Ce fil ne doit pas paraître si évident, puisque le critique du Frankfurter Allgemeine Zeitung le voit, lui, tiré à partir du romantisme, l'exposition dépeignant des Allemands qui, «passé un bref moment de fascination pour l'antique, seraient retournés dans leurs forêts pour sombrer dans la folie dès les années 1900, avant de s'abîmer dans le nazisme». A son tour, Rebecca Lamarche-Vadel, critique d'art contemporain, regrette la lourdeur de la n




