Cette exposition sur la peinture allemande de la fin du XVIIIe siècle au milieu du XXe commence par le silence d'une noble méditation pour finir en cacophonie. Il serait pourtant bien dommage de rater l'événement : jamais la Seine n'a vu un tel arc-en-ciel de peintures de toute beauté venues des musées de Berlin, Munich ou Dresde. Toujours mal considérés en France, ces artistes et mouvements commencent à peine à être connus.
La salle offerte au paysage romantique, à elle seule, mérite grandement la fascination qu'elle suscite. Par surcroît, il faut bien juger sur pièce le propos qui est tenté ici, avec plus ou moins d'adresse, au-delà de la polémique qu'il a déclenchée outre-Rhin (lire ci-contre).
A titre purement hypothétique, on pourrait regretter que l'exposition n'ait pu profiter de la fermeture, durant quelques mois, de la galerie de peinture ancienne de Dresde, pour placer en son cœur la Madone Sixtine de Raphaël (1), tant les artistes ayant émergé au XIXe siècle se sont confrontés à ce précédent fabuleux.
Mythe. D'emblée, le Louvre pose ce mécanisme du retour au passé pour fonder la modernité, qui a incité des jeunes en rupture de ban à s'exiler pour retrouver la pureté de la Renaissance italienne. Installé en communauté dans un monastère à Rome en 1810, ce noyau converti au catholicisme fut surnommé les Nazaréens, ce qui en dit long sur l'austérité de leur style. Cette renaissance e




