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Montréal donne l'exemple sur les biens spoliés

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Alors qu'un musée de Montréal restitue un tableau, la France traîne des pieds pour le recensement des oeuvres d'arts volées lors de la Seconde Guerre mondiale.

«Le Duo», 1624, de Gerrit van Honthorst (Utrecht 1592-1656) (Christie’s Images Ltd, 2013)
Publié le 04/05/2013 à 19h18

Il y a peu, le Sénat déposait un rapport réclamant une relance des recherches sur les oeuvres d'art qui auraient pu provenir de la spoliation de la communauté juive en Europe, en reprochant à la France de s'en être tenu au minimum syndical en la matière. En Amérique, la politique des musées est beaucoup plus active depuis une quinzaine d'années.

En témoigne une émouvante cérémonie qui s'est tenue au musée des Beaux Arts de Montréal. Le 29 avril, cet établissement a officialisé un chassé croisé dans ses collections en présentant trois tableaux. Sa directrice, Nathalie Bondil, a d'abord rendu Le duo de Gerrit von Honthorst aux descendants d'Ellen Clara Spiro. Ce geste, réalisé sur une base volontaire, intervient presque jour pour jour 75 ans après le crime: la vente forcée de cette belle peinture à Berlin, le 26 avril 1938, par la maison Leo Spick, qui s'était faite une spécialité de la mise à l'encan de biens «aryanisés» par le régime hitlérien.

Bruno Spiro était un marchand d’armes fortuné de Hambourg. Il avait accroché cette scène de genre du peintre caravagesque d’Utrecht dans son salon de musique. Elle avait été mise en vente par le gouvernement soviétique en 1931 à Berlin avec la prestigieuse collection de peintures françaises de la famille Stroganov, pour renflouer les caisses de Moscou. En juin 1936, Br

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