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Critique

Rosso Fiorentino l’exubérant

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Renaissance. Dans le cadre du festival de l’histoire de l’art, l’artiste italien au maniérisme déroutant fait l’objet d’une exposition au château de Fontainebleau, qu’il décora sur invitation de François Ier.

«Fontaine», estampe de René Boyvin. (Photo RMN Grand Palais. Th. Ollivier)
Publié le 30/05/2013 à 21h06, mis à jour le 31/05/2013 à 10h32

Fontainebleau, «une nouvelle Rome» : résumée par le chroniqueur de la Renaissance Giorgio Vasari, telle aurait été l'intention de François Ier quand il invita des artistes confirmés d'Italie à le rejoindre pour décorer son château. Aujourd'hui, alors qu'il accueille le festival de l'histoire de l'art (lire ci-contre), le château fait un pied-de-nez à ses grands docteurs en rendant hommage à celui qui les a toujours déroutés par sa capacité d'invention, Rosso Fiorentino (1594-1640). Qui ne fut même pas célébré lors des 400 ans de sa naissance (Florence promet de se rattraper en 2014).

Il reste peu de peintures et de dessins sûrs de sa main. Puisant à Michel-Ange, mais regardant aussi du côté de Mantegna, Donatello ou des suiveurs de Raphaël, partagée entre l'Italie et la France, passant de la peinture à la plénitude de l'art décoratif, son œuvre semble toujours excessive. Il est consacré comme un champion du style «maniéré». Dans l'Art italien, André Chastel parle à son sujet de «génie névrosé». Vasari rapporte que le peintre aurait effrayé un commanditaire avec une étude de saints et martyrs dont le visage trahissait un tel désespoir qu'il les prit pour des démons. Dans les églises toscanes, il a laissé des scènes de la vie de la Vierge et du Christ mort, au traitement étonnamment moderne et aux coloris stridents.

Figures. En 1527 à Rome, Fiorentino fut happé dans l'assaut lancé par la troupe

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