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Critique

Hantaï extralarge

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Arts. Le centre Pompidou consacre une rétrospective au peintre, disparu en 2008, qui explora pendant quarante ans courants et techniques, avant de s’imposer avec le pliage.

Publié le 09/06/2013 à 19h26, mis à jour le 10/06/2013 à 10h05

Simon Hantaï est un personnage toujours en quête. Ainsi ressort l'un des grands artistes du XXe siècle, subtil et mouvant, cinq ans après sa mort, dans un rêve au centre Pompidou. A quelques mois de son départ du musée national d'Art moderne (Mnam), Alfred Pacquement signe ici une démonstration. Si elle ne s'est pas matérialisée plus tôt, l'artiste en est en grande part responsable. Celui-ci vivait depuis longtemps retiré. Une première présentation de son œuvre au Mnam, en 1976, ne s'était pas bien déroulée. Hantaï avait mal pris de voir ses toiles brutes accrochées au mur, ce qui le rapprochait contre son gré du jeune mouvement Supports/Surfaces. Il aurait voulu qu'elles fussent marouflées, sur châssis, tendues.

Ossements d'animaux. Dans l'atelier, on pouvait le voir manipuler sans ménagement les toiles peintes envahissant murs et sol, les traîner, marcher et taper dessus. Mais il entendait qu'elles fassent œuvres. Il lui arrivait tout autant de les griffer, de les lacérer, de les détruire, de les enterrer et d'en déterrer des débris des années plus tard. Peut-être pour y puiser une énergie secrète. Hantaï se méfiait de la reconnaissance et de la spéculation, ayant vu combien cette fascination favorisait une bruyante confusion. Il était plutôt du côté du silence. Ou de la prière. Le peintre n'a pu cependant échapper à une littérature qui aurait bien voulu faire de l'ermite un saint de pureté.

Cette histoire de la pénombre, Domi

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