Karl Van Welden n’est pas un artiste de tout repos. Pour trouver ses œuvres, non seulement il faut marcher quelques kilomètres dans la nature, mais en plus grimper des collines, car le travail de ce plasticien belge, né en 1980, requiert une certaine hauteur de vue. Au sens propre, s’entend. Mais disons-le d’emblée, quel que soit le chemin, qu’il pleuve ou qu’il fasse 37°C à l’ombre, n’hésitez pas une seconde à aller découvrir ce travail cauchemardesque pour tous les typologistes de l’art.
La dernière fois que l'on a vu, ou plus exactement pratiqué son installation, il a fallu se rendre à Vitrolles, dont la réputation en terme d'urbanisme ni fait ni à faire n'a d'égale que la poésie de l'aéroport de Marignane qui la jouxte. Première surprise, Vitrolles n'est pas qu'une pénible traversée autoroutière de centres commerciaux qui n'en finissent plus, mais aussi une campagne sauvage dont la beauté brute mérite le détour. Pas besoin de GPS, on est sur le GR 2013, projet développé par Marseille Provence 2013 Capitale européenne de la culture (Libération du 11 janvier). Deux kilomètres de chemin sentant bon la garrigue et voilà que l'on aperçoit au loin quelques cabanes en bois foncé, munies d'ouvertures façon meurtrières et formant un cercle parfait au bord d'une falaise. L'objet apparaît comme un campement d'êtres d'une autre planète ou d'un autre temps. Karl Van Welden remet un peu d'ordre dans les questions en rappelant le titre de son œuvre, Saturn, et en citan




