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Critique

Lorna Simpson hausse le temps

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Rétrospective. L’artiste afro-américaine expose au Jeu de paume ses photos, dessins, installations vidéo… Une œuvre foisonnante où les effets de miroir se mêlent aux efforts de mémoire.

Publié le 01/08/2013 à 19h26

Le hasard n’a aucune place dans l’œuvre de Lorna Simpson, mais l’ambivalence, oui. C’est le premier mot qui vient dès l’entrée dans son exposition au Jeu de paume, à Paris. Ce sentiment d’être chez soi et aussitôt ailleurs, loin de tout et proche de ses propres interrogations, au milieu d’un univers imperméable et pleinement ouvert, au cœur de l’art et hors champ. Comme si, au fur et à mesure, l’artiste américaine, en un balancement temporel, montrait non l’envers et l’endroit, mais le déploiement même de sa pensée et de ses multiples rebondissements. Autant dire que le plaisir est extrême à comprendre ce qui fait écho, ici et là, dans cette série d’images, de dessins et d’installations, où la photographie est un prétexte à détacher les racines, celles de la terre comme celles du ciel.

Chahuts. A cet égard, il faudrait presque partir de la fin du parcours, de la dernière salle (la cinq) où passe en boucle la vidéo Cloudscape (2004). Peut-être est-elle l'une des clefs du royaume de Lorna Simpson, née en 1960 à Brooklyn, New York, première femme noire à participer à la Biennale de Venise, en 1990. Un homme (l'artiste Terry Adkins), mains dans le dos, siffle. Plus que sa présence imposante et que le brouillard qui l'enrobe et le dérobe tour à tour, s'imposent le son de l'harmonica et la mélodie. Douce, limite triste, tel le chant d'un oiseau sans nid, orphelin perdu dans un conte de fées. Voilà, se dit-on soudain, c'est ce que l'on

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