Nathan Diament n’était pas seul à essayer de reconstituer la vie de son aïeul. Le service allemand consacré au pillage des biens culturels a conduit une recherche sur sept artistes, collectionneurs ou critiques d’art juifs réfugiés en France, dont Kirszenbaum. Lancé il y a sept ans avec le comité d’histoire de la Commission française pour l’indemnisation des victimes de la spoliation (CIVS), ce recueil d’histoires brisées est publié en différentes langues (1). Plusieurs des acteurs en sont peu ou pas connus, ce qui rend ces récits d’autant plus émouvants.
Critique et collectionneur, Paul Westheim dénonça depuis Paris la destruction de la culture en Allemagne, à partir des informations envoyées en secret par sa compagne restée à Berlin. Otto Freundlich avait eu le triste privilège de voir sa sculpture primitiviste l'Homme nouveau en couverture du catalogue de l'exposition nazie dénonçant «l'art dégénéré» à Munich en 1937. Caché dans les Pyrénées, dénoncé, il disparut dans les camps en 1943. D'autres purent s'évader. Tous ont été traqués par les forces de l'ordre françaises, baladés dans des camps, dans l'attente du départ pour Auschwitz. Leo Maillet dessina des scènes effroyables, comme celle d'une femme enceinte hurlant alors que son mari est traîné vers le train. Horst Rosenthal choisit l'ironie : interné dans les Pyrénées, il dessina «Mickey au camp de Gurs - publié sans l'autorisation de Walt Disney, 1942» ou un «guide» d'un camp propice




