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Critique

La résurrection de J. D. Kirszenbaum

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Famille. L’œuvre de ce peintre juif, en partie détruite par les nazis, réapparaît d’entre les morts et fait l’objet d’une exposition en Israël.

«Autoportrait» de Kirszenbaum (vers 1925) retrouvé au musée de Haarlem. (Photo Collection du musée Frans Hals, Haarlem. )
Publié le 02/08/2013 à 20h16

«Vous voyez, il est en train de ressusciter.» Nathan Diament avait les larmes aux yeux en présentant un catalogue consacré à son grand-oncle Jezekiel David Kirszenbaum, accompagnant une exposition qui s'ouvre en Israël. Le parcours de ce peintre est emblématique de la désintégration qui s'est abattue sur l'intelligentsia juive dans les années 30. Son œuvre a été détruite deux fois : à Berlin, après l'accession de Hitler au pouvoir, et à Paris, où il avait cru trouver refuge.

Comment faire revivre un artiste qui ne semble plus exister ? Cette question, Nathan Diament a mis longtemps à y répondre. Il y a dix ans déjà, il nous confiait son intention de reconstituer l'héritage de ce personnage croisé en 1946. Nathan devait avoir 8 ans. De cette unique rencontre, il a gardé le souvenir d'une brise qui s'enfuyait. Il existe un mot en yiddish pour dire «une tête en l'air» : ein Luftmentsch. Lui prenant la main, cet homme de 45 ans auquel il restait huit années à vivre lui avait prédit un avenir dans l'art… Aujourd'hui retraité à Tel-Aviv, Nathan Diament prend cet échange silencieux comme un serment qu'il a pu enfin honorer.

«âme». Le déclic est venu de lettres, catalogues, coupures de journaux et cartons d'invitation retrouvés dans la famille. A Londres, à l'Art Loss Register, base de données des œuvres volées, il lui a été fait état de 400 peintures et de 200 dessins ou aquarelles disparus. Au Quai d'Orsay et à la bibliothèque

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