Qu’est-ce qu’un trophée de chasse mentawaï - provenant des grandes îles de la Sonde en Indonésie - formé d’un bois de cerf et d’une tête de cervidé sculptée en bois peut nous dire sur les auteurs des fresques, gravures et signes qui couvrent la grotte Chauvet ornée il y a 36 000 ans sur les rives de l’Ardèche, découverte en décembre 1994 par Jean-Marie Chauvet, Eliette Brunet et Christian Hilaire ? C’est l’interrogation majeure que pose cette exposition, abritée par le château de Vogüé, qui offre au visiteur une vue splendide sur un méandre de l’Ardèche, bien alimentée cet été par les pluies du printemps.
Amulettes. On y trouve en effet, sous vitrines, une cinquantaine de pièces tirées des réserves du musée du Quai-Branly, certaines jamais exposées, et toutes provenant du XXe siècle, en général de sa première moitié. Elles viennent d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et d'Amérique, rapportées par les expéditions qui ont créé les collections de l'ancien musée de l'Homme du Trocadéro. Toutes intéressantes, certaines spectaculaires comme des boucliers papous ou un masque zoomorphe bamana (Mali). Elles proposent un parcours centré sur l'acte magique. Au début, celui qui permet la bonne chasse, comme cette tunique tunisienne surchargée d'amulettes, de poils et de cornes. Puis celui qui permet la chasse… à l'homme, avec ce sabre de guerre balatu (Indonésie) ou ces trompes et tambours papous utilisés dans les chasses aux têtes initiatiques.




