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Cités détraquées à la Biennale d’Istanbul

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Urbain . Ambiance répressive dans la ville phare du Bosphore pour le rendez-vous d’art contemporain.

manifestation à Istanbul après la mort d'un jeune Turc, le 10 septembre. (AFP)
ParVincent Noce
Envoyé spécial à Istanbul
Publié le 15/09/2013 à 19h26

L'image aurait pu faire l'affiche de la 13e Biennale d'art contemporain ouverte samedi à Istanbul : des flics en bleu pique-niquant sur le gazon vert tendre au bord du Bosphore, souriant sous le soleil, revolver, matraque noire et lance-grenades au côté. Lundi dernier, un manifestant est mort dans le sud de la Turquie, portant à six le nombre de décès d'une contestation justement cristallisée sur la suppression des espaces verts. Chaque soir, scandant l'arrivée de collectionneurs et conservateurs venus d'Europe et d'Amérique, la police a brutalement affronté quelques milliers de manifestants… Toujours très engagée, la Biennale n'eût pu rêver meilleure mise en scène.

Désarroi. Fulya Erdemci, sa directrice artistique, qui vit à Amsterdam, a placé la manifestation sous le signe des restructurations urbaines. Elle-même s'est vite trouvée prise dans la tourmente. En mai, à l'université, des contestataires ont perturbé sa conférence d'annonce de l'événement. Ils lui reprochaient d'être sponsorisé par la famille Koç, grand mécène affichant sa sympathie pour le mouvement démocratique, mais aussi l'un des principaux entrepreneurs de travaux publics. Erdemci a appelé la police pour arrêter les contestataires sur le campus. Elle dut s'en excuser et renoncer à l'idée d'investir la ville d'événements, entraînant la frustration des créateurs déjà impliqués. Ces incidents concentrent les contradictions d'une conservatrice au discours fort pau

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