Il y avait un très beau tableau de Günther Uecker lors de la dernière Fiac, sur le stand de la galerie Tornabuoni. Daté de 1976, il montrait une surface de bois, rythmée de traits entaillés à la scie. On pouvait également voir des œuvres de l’artiste (né en 1930 dans la Mecklembourg-Poméranie, région d’ex-Allemagne de l’Est, et aujourd’hui installé à Düsseldorf) dans l’exposition d’été du Passage de Retz, dans le Marais à Paris, intitulée «Zéro. Paris-Düsseldorf». Mais si l’on croise régulièrement des pièces de Uecker qui, avec Heinz Mack et Otto Piene, fut l’un des membres clefs du Groupe Zéro, il n’avait encore jamais eu d’exposition monographique dans un musée français. Celle-ci est donc l’occasion d’avoir une meilleure compréhension de l’œuvre de cet artiste qui fut proche de Fontana, Klein (qui épousera d’ailleurs sa sœur Rotraut), Tinguely, Arman, Aubertin, et qui est une figure historique des avant-gardes des années 60.
Pourquoi avez-vous fait le choix de ne pas montrer ici d’œuvres de l’époque du Groupe Zéro ?
Parce que Zéro s’est terminé en 1966. Je ne renie pas du tout cette période, mais j’ai tiré un trait dessus. A l’époque, on cherchait de nouvelles idées, on était plein d’espoir, d’utopies. Nos parents avaient été des combattants, pour certains avaient tué. Avec eux, il n’y avait pas de communication possible. Donc, Zéro était une façon de créer une nouvelle base, de repartir de zéro. J’avais connu la domination nazie puis, en ex-RDA, le marxisme et, à 23 ans, j’avais émigré à l’Ouest. J’étais donc en recherche d’une nouvelle famille spirituelle. J’alla




