Dans la rétrospective du peintre chinois Zeng Fanzhi, installée jusqu'à la mi-février au musée d'Art moderne de la ville de Paris (MAM), on voit des paysages comme reclus derrière des fils barbelés, des portraits d'individus masqués aux mains démesurées et là-bas, au fond, des quartiers de viande se confondant à des hommes et des femmes au regard muet. «Zeng Fanzhi se démarque des autres peintres chinois par le mystère qui entoure son œuvre», résume Henry Périer, le conseiller scientifique de l'exposition.
Très vite, pourtant, d'une toile à l'autre, quelque chose accroche sans qu'on puisse dire quoi, un langage non verbal qui interpelle. Il y a des thèmes qu'on connaît, tel ce lapin qui a des airs de Dürer (Hare, 2012) ou encore cet homme aux cheveux blancs coupés au carré qui, dans des couleurs pop, siffle une ballade warholienne (Fly, 2000). Néanmoins, chaque toile, comme chacune des trois périodes de l'artiste, résonne d'une somme d'interrogations. Pourquoi ces médecins à la peau rouge comme de la chair à vif (Hospital Triptych n° 2, 1992) ont-ils un regard fixe de zombie ? Pourquoi ces viseurs dans les yeux des hommes masqués ? Quant à la représentation de Mao en surimpression sur la place Tiananmen (Tian'An Men, 2004) : hommage, critique, ou ricochet du pop art ?
Canicule. La première chose à savoir à propos de Zeng Fanzhi, c'est que, bien que né en 1964 et ayant grandi pendant la Révolutio




