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Bill Vorn, zoo de robots psychos

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A Enghien, le Canadien expose une série d’installations interactives faites de machines détraquées.

«DSM-VI», dernière création du plasticien. (Photo Bill Vorn)
Publié le 26/01/2014 à 17h06

Visiter l’exposition «Soft Metal», au Centre des arts d’Enghien-les-Bains (Val-d’Oise), c’est comme aller au zoo. Une ménagerie rugissante de métal, de câbles électriques et de tuyaux dont le visiteur observe l’évolution. Le Canadien Bill Vorn a fait de l’art robotique son médium. Il conçoit d’étranges robots et les met en scène dans des environnements son et lumière spectaculaires.

A l'entrée, suspendue au plafond, une énorme araignée mécanique contracte ses huit membres de manière désordonnée dans le souffle de l'air comprimé, version démesurée des Hysterical Machines, ses agressives cousines qui s'agitent plus loin dans l'exposition, dans un infernal boucan de quincaillerie et de pistons. Leurs mouvements imprévisibles, actionnés par des valves et vérins pneumatiques, réagissent à la présence du visiteur. L'espace immersif, que tout concourt à rendre oppressant (sombre comme une caverne et hanté d'une inquiétante bande-son), est peuplé de machines malades, autistes, délirantes, tel un hôpital psychiatrique où ces robots in-utilitaires croupissent, sortis de leur léthargie par le passage d'êtres de chair et d'os.

Tics. Bill Vorn s'intéresse aux machines dysfonctionnelles. «Contrairement au robot industriel fonctionnel, conçu pour exécuter parfaitement une tâche, mes machines sont incapables de réaliser un travail utile, mais elles peuvent néanmoins faire un spectacle», plaisante Vorn. Docteur en communication et musicie

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