Dans un univers orwellien, une athlète fend une foule hypnotisée par l'image de Big Brother et brise l'écran avec son marteau. Exhumée l'an dernier au festival Transmediale de Berlin, cette pub de Ridley Scott, réalisée pour le lancement du Macintosh d'Apple le 24 janvier 1984, finissait par cette phrase : «Vous verrez pourquoi 1984 ne sera jamais comme 1984.» Le film, qui annonçait la révolution de l'ordinateur personnel, prend une étrange résonance trente ans plus tard, après les révélations de Snowden sur le programme de surveillance de la NSA. N'est-ce pas cette même société à la pomme qui a fourré dans nos poches ce mouchard qu'est le smartphone, fenêtre ouverte sur nos vies privées ? L'ironie de la situation n'a pas échappé à l'agence d'espionnage américaine qui, dans des documents internes, qualifiait avec moquerie le défunt Steve Jobs de «Big Brother» et les utilisateurs d'iPhone de «zombies».
Cendres. L'ombre de la NSA plane sur cette nouvelle édition du festival d'art et de culture numérique Transmediale, qui s'est choisi comme métaphore «Afterglow», cette lueur qui persiste après le coucher du soleil, ou le sentiment qui succède à l'ivresse. La manifestation, qui s'est achevée dimanche, s'est penchée sur les promesses de la révolution numérique ou plutôt sur ses cendres.
«Prism: the beacon frame» de Julian Olive




