Dieter Roth a quelquefois été rouge, rot. En ôtant le «h» final de son nom d'Allemand élevé en Suisse. Il a peint avec du chocolat, il a cloué une rondelle de banane (pas dans la même œuvre, ce n'était pas un dessert) sur l'image d'une table réalisée au tampon encreur. Il ne reste plus qu'une trace noire à la place de la banane, un peu de moisi calcifié. Il a tenté d'hypnotiser des enfants, moyennant des livres d'op art. Avec son fils, il a photographié des maisons en série et enregistré le même aboiement de chiens multiples barcelonais.
A part ça, le critique se promenant dans les trois espaces thématiques de la rétrospective «Processing the World», au Frac Bretagne, prend son carnet et tente de saisir le corps et le visage de l'œuvre rothienne, entre sculptures, films, livres par dizaines, toiles sur supports divers - plastique, bois, papier fait maison… Il griffonne des mots qui lui semblent faire concrétion sur la page des courants électriques qui traversent son cortex, et qui doivent correspondre aux traits physiologiques de l'œuvre de Roth. Le critique note : «travail de lumière» dans une salle, «trace, papillonnement» dans une autre, un peu plus loin : «Le palimpseste, l'archive, l'enfant.» Rien à voir avec le chocolat, ni avec les Iles qui emblématisent une partie de l'œuvre. Avant d'expliquer de quoi il retourne (ce qui est indiqué dans la plaquette distribuée au visiteur), on peut dire l'effet que Roth fait : c'est comme




