Sous l’intitulé «Micro Macro», l’exposition d’art numérique du festival Via reprend sa transhumance annuelle. Après Maubeuge, elle fait étape à Créteil dans le cadre du festival Exit jusqu’au 12 avril, avant de s’établir à la gare Saint-Sauveur à Lille. Cette année encore, elle tente un grand écart périlleux entre des propositions grand public, très visuelles et ludiques, et des œuvres moins spectaculaires, qui sondent les tréfonds de notre civilisation numérique, écartelée entre l’infiniment petit et l’infiniment grand.
Ce jeu permanent d'échelles sert de fil ténu à l'exposition qui rassemble une quarantaine d'œuvres aux registres très variés. Avec d'un côté : la Grosse Tête gaguesque du chorégraphe Philippe Découflé où le visiteur est affublé d'une tête disproportionnée de la taille d'un gigantesque ballon, façon entre-sort forain. De l'autre : les inquiétantes têtes réduites en impression 3D de Heather Dewey-Hagborg, visages d'inconnus que l'artiste américaine modélise à partir d'échantillons d'ADN récupérés dans l'espace public.
MAlaise. Invité spécial de l'expo, le chorégraphe déploie sa nouvelle collection d'Opticons colorés, entre théâtre optique et meubles trompe-l'œil, kaléidoscope géant et miroirs déformants, chronophotographie à la Etienne Jules Marey et loufoqueries à la Tex Avery. Une débauche d'effets qui contrastent avec la sécheresse de l'installation de l'artiste new-yorkaise et de ses trois têtes alignées telles




