L’Américaine Elaine Sturtevant est décédée le 7 mai à Paris, où elle avait depuis longtemps élu domicile. Née à Lakewood, Ohio, en 1930, elle avait commencé sa carrière d’artiste à New York, où elle vécut plusieurs années. C’est en 1965 qu’elle a commencé à reproduire à la main des peintures ou des objets de ses contemporains. Ces premiers travaux, elle les avait présentés cette année à la galerie Bianchini, à New York.
Malentendu. Laissant tomber son prénom, Sturtevant, comme elle voulait qu'on l'appelle - peut-être comme une marque de fabrique -, a (re)produit sa propre version des célèbres fleurs d'Andy Warhol, ainsi que des drapeaux américains de Jasper Johns, ou encore des toiles en noir et gris de Frank Stella. C'était sa manière à elle de défendre l'idée conceptuelle de la répétition, plutôt que celle de l'imitation, «apportant une espèce de compréhension du pouvoir silencieux de la peinture», selon ses propres termes. Bernard Blistène, directeur du musée national d'Art moderne au centre Pompidou, déclarait la semaine dernière à son propos sur France Culture : «C'est une iconoclaste, au sens premier du mot. Elle veut supprimer le culte des images saintes. Elle s'attaque à l'idée d'originalité. Elle ne recopie pas, elle rejoue des choses qui s'apparentent d'avantage à des situations.» Sturtevant sera d'ailleurs perçue comme l'inspiratrice du courant américain des années 80, dit «appropriationniste», emmené par Mike




