Le terril n’est plus un terril. La végétation a poussé depuis longtemps et les arbustes sont déjà bien fournis. Au sommet d’un chemin tortueux, un cerf en métal s’élance avec grâce vers l’air libre, qui annonce au visiteur le centre culturel Izolyatsia.
La vue sur Donetsk est imprenable. Par-delà les mines et les usines se dessine, à une quinzaine de kilomètres, le centre-ville de la capitale du bassin minier du Donbass. C'est là que se joue, depuis des semaines, le futur de la région et de l'Ukraine, à coups de manifestations, de référendums forcés, d'occupations de bâtiments officiels et de violences en tous genres. C'est là aussi que s'invente, les mains dans des problèmes politiques bien concrets, la culture à l'européenne qu'interroge toute la semaine European Lab (1), le cycle de conférences et d'ateliers lancé par le festival électronique lyonnais des Nuits sonores, qui invite les activistes ukrainiens du centre Izolyatsia.
Le lieu est un ancien complexe industriel qui fait mentir son nom - «isolation» en ukrainien -, à l'ombre de son cervidé mascotte et du rouge à lèvres géant qui trône sur une ancienne cheminée. «C'est un hommage aux femmes laborieuses de Donetsk qui ont reconstruit la ville après 1945», explique Olga Iefimova, commentant l'œuvre de l'artiste camerounais Pascale Marthine Tayou. «C'est comme ça que les enfants de la ville nous connaissent : l'usine au rouge à lèvres», plaisante la jeune femme, chargée de communication de la <




