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Nicolas de Staël, sombre et lumières

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Au Havre, le musée Malraux célèbre le centenaire de la naissance du peintre avec une exposition regroupant ses dernières œuvres, réalisées en Normandie et à Antibes.

ParEdouard Launet
Envoyé spécial au Havre
Publié le 09/06/2014 à 18h06

Ce matin-là, veille de vernissage, les nuages étaient ronds et blancs, le ciel bleu givré, la mer émeraude, le vent de secteur ouest force 2 à 3, tandis qu’une lumière vive fracassait les baies vitrées du musée Malraux. Derrière celles-ci, les rayons réchappés au filtre du verre venaient ressusciter les toiles de Nicolas de Staël qui se trouvaient là, au Havre, au bord de la Manche, extraordinairement à leur place.

Elles s’y trouvent toujours, et pour un certain temps encore : l’exposition célébrant le centenaire de la naissance du peintre (1914-1955) va durer cinq mois. Il serait dommage de ne pas venir voir ces quelque 130 tableaux et dessins, tant la lumière normande fait de bien à Staël et au teint en général. La majeure partie provient de collections privées, un quart des œuvres sont inédites ou n’ont jamais été exposées en France. Il y a beaucoup de petits formats, parfois joliment réencadrés par le musée havrais. L’ensemble est assuré pour une valeur de 170 millions d’euros, c’est dire l’aura de Staël aujourd’hui.

Marines. Rien ne semblait prédisposer Le Havre à accueillir cet événement : celui qui, le 16 mars 1955, à 41 ans, se jeta de la terrasse de son atelier d'Antibes (Alpes-Maritimes) par dépit amoureux n'est-il pas considéré comme un homme du Sud ? Oui, mais non. Nicolas de Staël a été élevé dans les lumières du Nord, en premier lieu celles de la Belgique où il a passé une partie de son enfance. Comme beaucoup d'autres avant

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