Rares sont les musées où le visiteur peut retrouver l'atmosphère des galeries d'antan. Tout juste rénové à La Haye, le Mauritshuis, qui sera inauguré jeudi, veille de l'ouverture au public, a été transformé en parfait produit hybride, entre intimité aristocratique et attraction de la foule. Tout est net et propre. Les travaux se sont conclus dans les budgets et délais : 30 millions d'euros pour rénover en deux ans un hôtel particulier du XVIIe siècle et le doter d'une extension. L'établissement a dirigé son propre chantier, une première aux Pays-Bas. Il a levé des fonds en faisant voyager son Vermeer le plus célèbre, mais sans confesser le montant rapporté par la location des charmes de la Jeune Fille à la perle - 2,2 millions d'admirateurs au Japon, aux Etats-Unis et en Italie.
Modeste. L'ancienne entrée, assez sinistre, cède place au bel escalier d'une architecture lumineuse, conduisant au hall et, par un souterrain, aux infrastructures logées dans une maison voisine. La résidence historique, qui abrite la collection royale de peinture depuis 1822, a été restaurée à l'identique, en faisant appel aux verreries de Murano et aux soieries de Lyon. La taille des fenêtres d'origine a été retrouvée. L'accrochage reprend le mélange ancien des tableaux de différents genres et périodes, en alignements superposés.
La collection est modeste : 800 numéros, dont 250 accrochés ici. Mais elle




