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Michel Nedjar à l’état brut

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Les poupées et dessins rares de cet artiste hanté par la mort sont exposés à Paris.

«Sans titre» (Darius), 1995. (Photo courtesy galerie Christian Berst)
Publié le 27/06/2014 à 15h36

«Très impressionné par votre merveilleuse "poupée" et le beau dessin dramatique aux craies grasses. […] Ce sont des œuvres qui véhiculent de hautes incandescences mentales et je les ressens fortement. Œuvres de très grande invention et inoubliables.» C'est par ces mots que Jean Dubuffet remercie Michel Nedjar de lui avoir envoyé en cadeau, en 1981, deux pièces qu'il fit entrer ensuite dans sa collection d'art brut à Lausanne. Né en 1947, Nedjar fut ainsi désigné comme une figure de ce courant artistique par celui qui en fut le père.

A voir aussi : notre diaporama, «Michel Nedjar, l'obsédé»

A la fin des années 1970, Michel Nedjar commence à créer des poupées sombres et prémonitoires. Puis, dans les années 80, il cofonde, avec Madeleine Lommel (décédée en 2009) et Claire Teller, l’Aracine, une association qui réussit l’exploit de rassembler 3500 œuvres, qu’elle expose à l’époque par roulement dans ses locaux de Neuilly-sur-Marne (Seine-Saint-Denis). Depuis 2010, ces pièces ont été léguées au Musée d’art moderne de Lille Métropole (LaM), enrichissant les collections d’art moderne et contemporaine.

Dans les deux pièces de la galerie Christian Berst (Paris IIIe), Michel Nedjar déploie, sous forme de rétrospective, son univers où tout remonte à l'enfance. A l'image de ses poupées (ses «chairs d'âme»), qui ressemblent tout autant à des poupées vaudou q

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