Il y a un texte pas mal de John Dewey, l'Art comme expérience (1934), qui dit que l'art, ce n'est pas des objets, mais des effets et des expériences. Par exemple, le plaisir ressenti à regarder un feu de bois brûler. C'est plus ou moins en vertu de Dewey que le Voyage à Nantes (VAN pour les initiés), depuis trois ans, fonctionne : parce qu'on s'y promène, qu'on l'essaie, qu'on s'en souvient. Il ne réside pas dans telle ou telle œuvre : c'est plutôt une guirlande d'impressions. Raconté de l'extérieur, le concept ne fait pourtant pas forcément envie : installation d'art contemporain sur des places, interventions d'architectes sur le fameux «tissu urbain», parcours muséaux, bouffes bio-electro… Plusieurs villes se sont cassé les dents sur des «événements» similaires, se contentant d'un saupoudrage gadget. Si ça marche à Nantes, c'est que tout ce qui est rassemblé et créé lors du Voyage répond à une nécessité. Que les modifications apportées s'inscrivent dans un projet au long cours, comme le Mètre à ruban, sculpture de Lilian Bourgeat (un double décimètre de 135 mètres) installée devant le siège social d'un promoteur ou, non loin, la sonorisation du bâtiment Manny par Rolf Julius. C'était déjà le principe d'Estuaire, biennale créé en 2007, qui a planté plus de vingt œuvres pérennes sur les bords de Loire. Car le Voyage à Nantes est d'abord une «société publique locale» chargée toute l'année de mettre en valeur la culture et qui, chaque été, produit un événemen
EDITORIAL
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Le Voyage à Nantes 2014. Parc des chantiers.
(Photo Franck Tomps)
ParEric Loret
Publié le 30/06/2014 à 18h56
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