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Bergman au naturel

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La galerie Jérôme Poggi, à Paris, se consacre à l’artiste norvégienne.

Publié le 04/07/2014 à 18h46

Dans son deuxième espace parisien inauguré ce printemps, juste en face du Centre Pompidou, Jérôme Poggi présente Anna-Eva Bergman (Stockholm 1909-Grasse 1987) avec la collaboration de Christine Lamothe. C’est un solo show, et les quinze œuvres exposées, toutes réalisées dans les années 70, procurent un plaisir extrêmement vif, à la fois dépaysant et familier.

«Sublime». Comme si cette Norvégienne, par ailleurs femme d'artiste (Hans Hartung, l'amour de sa vie), avait dans son goût pour la nature, «sa quête du sublime», selon Poggi, transformé l'espace en territoire sacré. Elle a ce don, ce fluide, pour prendre la surface de la toile, grande ou minuscule, et lui donner vie, sans aucun subterfuge. Une, deux, trois couleurs, pas plus, beaucoup de bleu, et cette manière franche, directe, de ne pas jouer l'affrontement avec son sujet, mais au contraire, d'en révéler l'aboutissement.

La peinture n'est pas un art de supérette, elle exige du génie, et une inventivité constante, il s'agit d'ouvrir des portes, non de les claquer. Anna-Eva Bergman a parfois recours à des matériaux incongrus, ainsi la feuille de métal, qui viennent prolonger l'aplat de l'acrylique telle une lame de couteau. Ou, souvenir de ces années d'apprentissage, elle casse le nombre d'or et transforme un panneau de bois en un miroir aux éclats byzantins. C'est l'une des plus belles pièces uniques présentées, Jeux de feuille (1978), un vrai coup de foudre abordabl

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